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mardi 6 mai 2008

Authentique petit-déjeuner tico : le gallo pinto




A posteriori je m'en suis un peu voulu d'avoir bavé sur la cuisine costaricienne dans mon dernier message. D'une part la caricature était un peu facile, et à côté de la base de riz et de haricots, il ne faut pas oublier les merveilleux fruits produits localement (goyaves, papaye, banane, melon, pastèque, et surtout les meilleurs ananas que j'aie jamais mangé) mais aussi, sur la côte caraïbe, une cuisine plus épicée, délicieusement parfumée, et assez proche de celle des Antilles, mijotée dans du lait de coco... D'autre part, on trouve dans ce pays à peu près toutes les cuisines qu'on veut - certes la mode des restaurants chinois n'y a pas encore été détrônée par les restaurants japonais comme en France (deux restaurants dans mon quartier l'an dernier, cinq aujourd'hui, et plus de libanais, d'algérien... misère !), mais proximité oblige, on trouve hamburgers, enchiladas, fajitas... et mêmes restaurants italiens ou français !


Par ailleurs, même si je n'aurais pas parié un kopeck dessus, il faut croire que c'est plutôt sain, cette cuisine : Titi a laissé deux kilos sur la balance, et moi un. Alors que d'habitude, nos activités de plein air étant compensés par des repas globalement plus riches et plus copieux qu'à la maison, la balance reste stable.


Et puis, qui l'eût cru ? Une semaine après le retour, un matin, j'ai eu envie de me préparer un "gallo pinto", c'est-à-dire un "poulet tacheté", le petit-déjeuner typique des "Ticos" comme les Costariciens eux-mêmes se dénomment. Un petit peu de nostalgie peut-être ???


Titi et moi nous étions assez intrigués par ce nom de gallo pinto pour un plat qui ne contient pas du tout de poulet, mais se compose de riz, d'haricots recuits, d'oignons frits, assaisonnés de coriandre, et selon les goûts de crème fraîche, de fromage, et accompagné d'oeufs brouillés. L'explication nous a été donnée par Carlos, l'un des garçons du ranch où nous avons séjourné près du volcan Arenal : les couleurs du plat rappelle les plumes d'un poulet local ! Le voici d'ailleurs. Etonnant, non ? Comme dirait le regretté Monsieur Cyclopède.


J'ai customisé la recette initiale, en remplaçant les haricots noirs que je n'avais pas par un mélange haricots black turtle, azukis et soja vert. Le résultat est convaincant, gustativement, à ceci près que les black turtle, malgré une nuit de trempage, ne deviennent jamais fondants... Les Ticos le consomment volontiers avec une sauce locale, Lizano, qui est un condiment à base de légumes. La crainte de l'explosion de sauce dans la valise m'a empêchée d'en rapporter, mais j'ai bon espoir d'en trouver chez Izraël, que je n'ai encore jamais réussi à prendre en défaut ! Il est possible d'utiliser de la Worcestershire voire du ketchup (mouais...) à la place, mais le goût sera moins authentique. Enfin bon, à défaut de grive, n'est-ce pas...


Pour quatre personnes :

- deux verres de riz blanc,
- un verre et demi de haricots noirs trempés depuis la veille,
- un oignon blanc,
- une poignée de feuilles de coriandre,
- deux cuillérées à soupe de sauce Worcestershire, à défaut de sauce Lizano,
- une pincée de piment moulu,
- une cuillérée à soupe d'huile d'olive,
- sel et poivre.


Dans une poêle bien chaude, versez l'huile et faites-y dorer l'oignon épluché et émoncé finement. Ajoutez le piment puis réservez.


Cuisez le riz dans une casserole, en le laissant un peu ferme, et les haricots dans une autre. Quand les haricots sont cuits, égouttez-les et versez-les dans la casserole contenant le riz. Garder environ un décilitre de l'eau de cuisson des haricots.


Dans la poêle, ajoutez le riz, les haricots, l'eau de cuisson conservée, la coriandre hachée et la sauce Worcestershire. Mélangez bien le tout et laissez cuire. Le résultat doit être onctueux et surtout pas desséché. Au moment de servir, vous pouvez ajouter une rasade de crème fraîche et de coriandre crue, et accompagner ce plat d'oeufs brouillés, ou de fromage un peu frais, voire de platains frites mais là on frise un exotisme insoutenable sous nos latitudes.

10 commentaires:

Audray a dit…

hummmmmmmm ca a l'air boooooooooon !!! !

Miss Cookliquot a dit…

Que d'originalité! Je me serais régalé avec tous ces fruits...en plus rien qu'à lire "les meilleurs ananas"...moi j'en ai plus que l'eau à la bouche!

En tout cas belle assiette, et je reste toujours admirative des ingrédients que tu cuisines, car moi je n'ai jamais la patience même de laisser tremper quoi que ce soit;)

Bisousbisous**
Elo

Tiuscha a dit…

On en apprend un peu plus grâce à toi... Roboratif le gallo pinto !

Eryn a dit…

Ca a l'air super bon, très parfumé !

Pedro a dit…

D'abord c'est nicaraguéen!!
Et sinon la salsa lizano dans l'avion ca passe sans soucis, comme le cacique!

Céline-marine a dit…

Bonjour Pedro,

Merci de ces informations. Je saurai pour la prochaine fois.

Jean-Francois a dit…

Pas possible de trouver de salsa pinto chez izrael ! et lépicerie Mercado (spécialités sud américaine) duIX Rue de Rochechouard est fermée rage !!!!!!!!

Natalia a dit…

Juste un petit conseil: c'est encore mieux si l'on prépare le gallo pinto avec le riz et les haricots faits au moins la veille. Moi, j'aime bien aussi mettre de la coriandre et du poivron.
Je ne mange pas trop de gallo pinto le matin (je suis plus céréle et yaourt vite servi) mais le vendredi soir c'est un bon dîner, très pratique. J'adore l'accompagner avec de la banane plantanier au miel (mmmm, c'est super!!)
Ta sauce Lizano, je dirais "impossible" à la trouver, je pense que même en Amérique Centrale il est difficile. Tu peux essayer avec une pointe de moutarde à la place. Bon courage!

Anonyme a dit…

Non c'est costaricien!!!
en tout cas ça fait bizarre de voir des recettes de mon pays sur internet... c'est à la fois plaisant et triste (ben oui, beaucoup trop de touristes, le pays n'est plus du tout ce qu'il était il y a encore 10 ans)
(signé: une costaricienne)

Anonyme a dit…

La sauce Lizano, on peut la commander sur le Net. Il y a plein de sites qui en proposent.