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samedi 1 novembre 2008

Cadeauxde Noël : je commence à me triturer les méninges...




Aujourd'hui, pas de recettes... Cette semaine j'ai assez peu cuisiné, pas du tout innové, et mon dernier test (l'osso bucco d'Alba Pezzone, avec son risotto milanais, au safran et à la moelle) ne m'a pas vraiment convaincue. Pas assez de légumes, pas de tomates, je préfère la recette de ma maman ! Maman si tu me lis... Vite la recette...

Donc, juste une petite photo, pour montrer comment un simple sachimi de saumon peut devenir une oeuvre d'art. Si vous avez de la poudre de wasabi, faite une pâte un peu compacte que vous pourrez mouler en forme de feuille pour accompagner.

Et sinon, comme nous sommes le premier novembre, comme chaque année, je commence à réfléchir à mes cadeaux de Noël.
Depuis plusieurs années, j'offre plutôt des produits gourmands, pour ne pas encombrer d'objets plus ou moins utiles, ou encore des cosmétiques bio - bref, des choses qui se consomment. Dans les week-ends qui viennent, j'irai donc dans ma caverne d'Ali-Baba, le magasin Izraël, ou bien encore à l'Epicerie de Bruno, fantastique pour les poivres, afin de gâter mes proches. Je cherche aussi des vins en biodynamie pour mes grands-parents.
Autre option : les spectacles - une comédie musicale, un humoriste, un opéra... A ce propos, dimanche dernier Titi et moi sommes allés pour la première fois à l'Opéra Bastille, voir "La petite renarde rusée" de Janacek, et ça nous a vraiment beaucou plu !!! Décors ingénieux et suggestifs, mise en scène pleine de trouvailles inventives, vivantes, à l'image de la musique, une renarde vive et sensuelle, de bons rôles, un bon orchestre... Bref, un régal !
Ou encore : des soins pour se faire du bien. On ne s'en offre pas toujours à soi, mais deux heures dans un institut de beauté, une matinée dans un hammam, une journée thermalisme (il y en a à Dax et Toulouse... ça tombe bien pour moi ;-) un abonnement pour une manucure, un soin pour les cheveux avec une bonne coupe... C'est du plaisir, et ça fait du bien !
Et vous, qu'allez-vous offrir pour Noël ?

samedi 25 octobre 2008

Mon Graal gourmand : les cannoli siciliens de Rosette


Dans la famille Cordon-Bleu, je demande... Rosette ! Qui est l'amie d'enfance de ma grand-mère maternelle, mais aussi, comme deux de leurs enfants se sont mariés, la belle-mère de mon oncle.


L'une de ses spécialités dont tout le monde raffole dans la famille, ce sont ses cannoli. Il s'agit d'une pâtisserie sicilienne, autrefois produit uniquement durant la période du carnaval. Je craque complètement pour la pâte croustillante et le coeur fondant de fromage sucré...

Rosette a accepté de partager avec moi, et donc avec vous, sa recette. Et pour ce faire, elle a même mesuré les quantités qu'elle utilise car, comme beaucoup de cuisinières expérimentées, elle ne mesure même plus, elle fait à l'instinct.

Le plus difficile, pour faire les cannoli, c'est d'avoir des moules. Impossible d'en trouver en dehors de Sicile semble-t-il ! Mais heureusement, j'ai pu compter sur André, mon beau-père, qui m'a taillé des cylindres dans les bambous du jardin. Normalement, il faut des moules cylindriques de 4 cm de diamètre, ceux-là sont plus petits, j'ai donc obtenu des mini-cannoli, mais bien délectables tout de même.

D'ailleurs, ce n'est qu'un retour aux origines, car c'est bien le nom italien du bambou, canno, qui a donné son nom à cette succulente pâtisserie.


Pour 18 cannoli

- 250g de farine,
-40g de saindoux ou à défaut de beurre,
- 5cl de vin rouge doux mélangé à un peu d'eau,
- une cuillérée à café de sucre en poudre,
- une pincée de sel.


Dans un cul de poule, mélangez les ingrédients secs, puis ajoutez la graisse et pétrissez bien. Ajoutez le liquide et pétrissez pour former une pâte.

Etalez-la finement et découpez des cercles avec une soucoupe.

Entourez chaque cercle autour d'un cylindre de bambou, soudez les bords avec de l'eau. Faites frire les cannoli dans une friteuse, ou dans une poêle remplie d'huile (ou de saindoux). Pendant la friture laissez la pâte autour de son cylindre de bambou, pour garder la forme. Le tuyau de pâte s'enlève sans le moindre problème de son support en bambou après cuisson. Essuyez-les délicatement dans du sopalin et réservez.


Farce

- 650 de brousse ou de ricotta de brebis (à défaut de vache),
- 400g de sucre glace,
- poudre de cacao ou fruits confits.


Mélangez le sucre et la brousse de brebis et passez le tout au moulin à légumes. Mélangez avec des cubes de fruits confits si vous le souhaitez. Rosette partage la farce en deux, et met du chocolat en poudre dans la moitié de la farce.


Farcissez les cannolis en utilisant une petite cuillère ; si vous avez préparé une moitié au chocolat, chaque cannolo sera farci de farce nature d'un côté et chocolatée de l'autre.


Dégustez immédiatement pour éviter que la farce perde son croquant avec l'eau de la brousse.

samedi 18 octobre 2008

Des makis colorés (certains pour femmes enceintes, oui !)


Depuis que ma soeurette attend Nièce n°2, elle est soumise à un drôle de régime. Zéro alcool bien sûr. Comme malgré sa ménagerie, elle a réussi à ne pas être immunisée contre la toxoplasmose, bienvenu dans un monde sans crudités et de semelle bien cuite (cela dit frangine mange essentiellement de la viande blanche). Et puis pas de poisson cru, en raison des risques bactériologiques.

Ma soeur devra donc attendre 2009 pour déguster des sushis et makis... Sauf si elle vient chez moi, où je peux lui faire des rouleaux aussi jolis qu'autorisés ! Tout a commencé quand Loukoum m'a demandé de l'aider à trouver des livres pour faire des kazari-makisushis. Qu'est-ce que c'est ? Vous le découvrirez un de ces jours sur son blog... J'y suis parvenue, par chance, et elle a eu la gentillesse de me scanner quelques pages. C'est ainsi que j'ai découvert que le poisson cru et les légumes marinés n'étaient pas les seuls ingrédients qu'on pouvait rouler, et que la forme ronde n'est pas une fatalité.

Je ne suis pas très douée donc je ne me suis pas lancée dans les kazaris makisushis. En revanche, je m'en suis inspirée pour varier mes garnitures, et avec du colorant rose et du colorant bleu, on obtient des assiettes très jolies. Et pour le roulage, on peut faire des gouttes, ce qui permet ensuite de présenter les mais sous forme de fleur à pétale.

Pour la marche à suivre générale, allez chez Cléa, ou chez Marie-Laure, pour des explications en images. Pour les makis inside out, tellement beaux, voyez chez Loukoum.


Celui-ci est à l'omelette japonaise, carotte légèrement cuite à la vapeur, et graine de chou rouge germé. On dirait un oeil de baleine...

Celui-là n'est pas pour soeurette : saumon cru, avocat et concombre.
Ni cet autre : saumon cru et graines germées.




Par contre, elle peut manger la fleur : tarama bio coloré en bleu et carotte vapeur pour les uns, lieu noir cuit, réduit en miettes et teint en rose, mayonnaise plus concombre pour les autres. Pour le riz, je me suis fait plaisir, avec du riz importé du Japon, cultivé de façon organique près de Nagano, sans pesticides, avec des canards qui font le ménage des parasites, et tout.

Et celui-ci : jambon cuit et concombre. J'aurais préféré trouver des asperges vertes, mais ce n'est plus trop la saison.


Et on peut varier à l'infini : surimi, saucisse, poulet pané, pour l'intérieur, sésame blanc et noir, oeufs de poisson volant, graines germées de toutes les couleurs pour l'extérieur. Joli à l'oeil, c'est aussi très bon ! Il suffit de sélectionner un à trois légumes, des graines germées assorties pour la déco, du poisson et des sources de protéines cuites, et le tour est joué. Après, ce n'est plus qu'une question d'organisation dans la cuisine.

Petit message à faire passer : pour soutenir des associations humanitaires, vous pouvez troquer votre moteur de recherche contre Véosearch.

samedi 11 octobre 2008

Pain de lentilles, légumes et noix, parfait pour les végétariens !



Je continue à explorer ces temps-ci le livre de cuisine des magasins Avoca rapporté il y a presque un an, et notamment les plats à base de légumes. Désormais, je ne mange plus jamais de viande ou de poisson à midi : lors de ce repas mes protéines sont d'origine végétale. Le soir, tout de même, j'accompagne mon Titi carnivore. Par conviction (tant du côté du développement durable que du bien-être animal), je souhaite devenir végétarienne.

Un rapport rendu public, mardi 30 septembre, par le Centre pour la stratégie environnementale de l'université du Surrey, repris dans Le Monde, explique que l'humanité devrait viser, en 2050, une consommation moyenne de 500 g de viande et d'un litre de lait par semaine et par personne. Celle-ci est actuellement de 1,6 kg et de 4,2 litres au Royaume-Uni (représentatif du régime occidental). Une étude récemment publiée par l'Insee sur 45 ans de consommation alimentaire, indique même que parmi nos voisins européens, les Français se distinguent par leur goût pour la viande.
Je lisais justement ce printemps un très bon livre, de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Ethique Animale (dont la lecture entre pour beaucoup dans mon souhait de ne plus manger de viande et de poisson à terme) ; Peter Singer, un des pionniers des mouvements modernes de défense animale, avec son livre La libération animale paru en 1975, préfaçant le livre de Vilmer, notait combien en France, l'attachement à la viande était profondément enraciné, et son végétarisme mal perçu quand il y voyageait.

Mais c'est difficile de se défaire de 35 ans d'éducation omnivore, d'autant que j'aime le goût des produits carnés. Et que si j'achète à mon boucher une magnifique pièce de hampe mûre à point, il m'est difficile de ne pas du tout en goûter ! Petit à petit, j'y parviendrai sans doute. En tout cas, pouvoir cuisiner des cakes végétariens (mais non vagataliens) comme celui-ci y contribue. Vous pouvez varier les légumes par rapport à la recette originale, ajouter de l'ail comme elle le proposait, du fromage rapé au lieu de la ricotta.

Pour un moule à cake classique :

- 5 oeufs,
- 300g de lentilles corail,
- 50g de lentilles vertes (du Puy par exemple),
- un gros oignon,
- deux carottes,
- un bouquet de brocolis,
- une branche de céleri,
- deux cuillérées à café de cumin moulu,
- 75g de noix, noisettes, arachides, pistaches, graines variées,
- 150g de fromage (cheddar dans la recette, ricotta pour moi),
- sel et poivre.

Mettez à cuire dans une casserole d'eau les lentilles vertes, puis en fin de cuisson ajoutez les lentilles corail, jusqu'à ce que les deux commencent à éclater. Réservez.

Faites brunir légèrement les noix et graines concassées dans une poêle ; réservez.

Lavez, épluchez, coupez en fins batonnets les différents légumes ; faites les cuire environ cinq minutes dans une poêle avec un peu d'huile d'olive.

Dans un cul de poule, battez les oeufs, ajoutez la ricotta, puis les lentilles cuites et refroidies, les légumes et graines. Mélangez bien. Ajoutez le cumin, le sel et poivre, l'ail si vous en mettez.

Versez dans un moule graissé, parsemez de graines variées, et mettez au four pour 45 minutes au moins. Ce cake est aussi bon tiède que froid.

samedi 4 octobre 2008

Soda bread comme en Irlande


L'année dernière au mois de novembre, Titi et moi avons passé un week-end à Dublin. Franchement, j'ai adoré, alors que ce n'était pas ma destination rêvée a priori. J'en avais rapporté le livre de recettes de la chaîne de magasins Avoca, de la boulange, et un pot de crème de raifort qui a survécu au contrôle des bagages (contrairement au chutney d'airelles - mystère des douaniers - les deux faisaient moins de 100ml, pourtant).

Depuis j'ai testé les scones (mais pas mis assez de levure pour les faire vraiment gonfler - n'empêche ils étaient délicieux), quelques recettes de soupe (que j'ai oublié de photographier, je suis à l'ouest en ce moment), et ce matin le soda bread, qui m'avait tant plu à Dublin et régalée encore quelques jours au retour. Il se prépare en deux temps trois mouvements, alors pourquoi se priver ?
Pour un pain
- 450g de farine (la mienne est T65, d'où la couleur un peu grise),
- 350 ml de lait fermenté,
- une demi-cuillérée à café de sel,
- une cuillérée à café de sucre semoule,
- une cuillérée à café rase de bicarbonate de soude.
Préchauffez votre four thermostat 230°C.
Mélangez les ingrédients secs ensemble, puis ajouter le lait fermenté (ou lait ribot) doucement jusqu'à obtenir une pâte assez humide.
Astuce : si vous n'avez pas de lait fermenté, vous pouvez en fabriquer vous-même en "oubliant" quelques heures votre lait à température ambiante, ou en le faisant cailler avec du citron (option que j'ai choisie).
Beurrez un moule (j'ai choisi un moule à cake, faute d'avoir un moule plus adapté). Versez la pâte dedans, et enfournez pour 30 minutes. A la sortie, vous pouvez vérifier que le pain, tout gonflé, est cuit : il fait un drôle de bruit sourd, mat, comme s'il était creux, quand on le frappe !

vendredi 26 septembre 2008

Spécial femme enceinte ! Des petits choux fourrés à la vapeur



Quand je patientais chez mon médecin à Toulouse, il y avait dans la salle d'attente une affiche qui s'est durablement imprimée dans mon cerveau. On y voyait une femme nue, enceinte, posant un peu à la Demi Moore dans Vanity Fair, mais avec un énorme chou frisé pour masquer ce qui doit l'être. Le texte disait que la famille des choux contenait des folates et autres choses fort indispensables en cas de grossesse, et tout cela a dû marquer mon subconscient puisque maintenant l'association est faite : chou = femme enceinte. Et pas que pour les petits garçons, donc.

Pourquoi toutes ces considérations natalistes ? Et non, perdu, ce n'est pas moi qui attends un heureux événement, mais ma soeurette, pour la deuxième fois. Puisqu'elle m'en a donné l'autorisation, voici des photos de Nièce n°1, alias Liv, deux ans dimanche en huit, et Nièce n°2, avec laquelle nous ferons connaissance à Noël. Et à Toulouse, histoire de boucler la boucle des choux.




Donc soeurette, si tu me lis, je te conseille la recette qui suit !

Pour deux personnes et demi :

- un beau chou frisé,
- 100g de viande de boeuf haché,
- 100g de viande de veau haché,
- 100g de chair à saucisse,
- un oeuf,
- un bouquet de persil plat,
- un gros oignon blanc,
- une gousse d'ail,
- sel et poivre.


Faites bouillir de l'eau. Jetez-y pour les blanchir les feuilles de chou lavées, et séparées. Au bout de cinq minutes, sortez-les pour les rafraîchir et les égoutter. Mettez de côté les huit ou dix plus grosses feuilles.

Dans un robot, mixez les plus petites feuilles du chou restantes, avec les feuilles du persil, la gousse d'ail, l'oignon. Ajoutez les viandes et l'oeuf et mixez le tout ensemble quelques secondes. Assaisonnez selon votre goût.

Prenez chaque feuille pour la farcir d'une quenelle de farce moulée à la cuillère. Fermez le petit paquet ainsi constitué et rangez-le dans un panier de bambou pour cuisson vapeur. Quand tous les choux fourrés sont prêts, remplissez une casserole d'eau, mettez-la à bouillir, et quand l'ébullition est atteinte, laissez cuire pendant un quart d'heure. C'est prêt ! A déguster nature, ou avec un coulis de tomates, à refaire avec de la volaille ou du tofu et des lentilles...

samedi 20 septembre 2008

Ma salade préférée (merci Lacath, merci Lavande !)




Côté cuisine le coeur n'y est toujours pas... Très sincèrement, en ce moment je fais n'importe quoi. Pour couronner le tout des dossiers inopinés s'entassent en plus des habituels de la rentrée, de sorte que je rentre tard du bureau, le corps fourbu et ankylosé d'être resté vissé et sous tension devant mon ordinateur, et la tête encombrée de stress. Visiblement, ça ne me réussit pas devant les fourneaux ! L'autre jour, j'avais préparé de la semoule pour un simili-couscous aux légumes. Nous ne l'avons pas mangée car nous avions des restes, et le lendemain pour la réchauffer je n'ai rien trouvé de mieux qu'ajouter du bouillon dans la casserole. J'ai obtenu un emplâtre bien consistant... Que je viens de "sauver" en en fourrant un poulet jaune des Landes, avec figues, dattes et miel... Mais enfin si vous savez comment réchauffer de la graine de couscous sans micro-ondes, je suis preneuse !

Titi est gentil, il ne dit rien... Mais donc histoire de limiter les dégâts, je suis revenue aux valeurs sûres. Pas d'innovation, de tests, back to the basics !

Depuis l'année dernière, je suis fan de cette salade, que Lacath avait confié à Lavande pour un spécial figues. Et comme Lavande, ma marraine de blog, m'a envoyé de succulentes figues de sa belle région... J'ai mis de la couleur et de la saveur dans nos assiettes.

Le secret ? Prenez de très bons produits : des figues à point, un très bon jambon cru, du basilic très parfumé, des tomates gorgées de soleil... J'ai mis plus de roquette que la recette originelle, et j'avais oublié d'acheter de la mozzarella donc je me suis rabattue sur de la brousse de brebis. Pas mal, mais je trouve que c'est meilleur avec de la mozzarella de bufflonne, surtout pour la consistance. Et pour le reste, suivez la recette de Lacath ! Merci Lavande pour ce beau cadeau gourmand...

J'espère revenir bientôt plus en forme sur ce blog, mais pour l'instant je vais me contenter d'assurer le minimum syndical, un message par semaine...

samedi 13 septembre 2008

Encornets en curry au lait de coco


Quand je préparais les concours, avec mon amoureux de l'époque qui avait déjà intégré, on se faisait des petits gueuletons. C'était amusant parce que nous avions tous les deux vécu dans des familles où les repas quotidiens du soir étaient du tout fait vite prêt (soupes sachets chez moi, charcuterie-traiteur chez lui) mais avec des parents aimant cuisiner le week-end.

C'était quand même pas du mille-feuilles de cuisiner car moi je vivais au foyer des lycéennes (le seul foyer public pour les étudiantes en classes prépa sur Paris, les internats étant réservés aux garçons), donc avec réfectoire intégré et pas de salle où se préparer à manger (c'est le principe : rien ne devait nous détourner de nos livres - encore qu'avec une copine, on a réussi à se faire quelques jours de régime brocolis cuits avec une résistance pour faire bouillir l'eau). Lui avait une chambre sur son campus (je me demande encore comment on faisait pour dormir à deux le week-end dans un lit de 70 cm d large) avec une salle à manger pour ceux qui refusaient la cantine offrant royalement quatre plaques électriques pour tout l'étage.

J'ai un souvenir assez vif d'une soirée où nous faisions revenir des foies de volailles, et où un groupe qui se préparait des coquillettes - jambon est venu nous demander ce que nous préparions comme ça. J'entends encore la seule fille du groupe émettre un "POUAH !" sonore quand nous le lui avons dit. Bécasse, va. Dire que pour se trouver là elle avait passé des concours destinés à sélectionner la future élite enseignante de notre beau pays. Jean-Paul Sartre se serait retourné dans sa tombe. Enfin, je dis ça, si ça se trouve il n'aimait pas les foies de volailles, lui non plus.

Avec mes souvenirs de vieille combattante et mes foies je vais ramer pour vous ramener vers mes encornets maintenant... A cette époque donc, nous aimions déjà beaucoup les plats exotiques, que nous essayions d'adapter avec les moyens du bord. C'est ainsi que nous préparions parfois un carri-thon, entièrement à base de conserves ! Du thon en boîte, de l'ananas en boîte, du lait de coco en boîte, du riz, du soja en bocal. Ma foi pour nous c'était bien meilleur que les coquillettes - jambon...

Aujourd'hui j'ai gardé les principes de cette recette d'étudiants, mais avec des produits frais ! Au lieu du thon au naturel, vous pouvez prendre du thon frais, de la bonite, ou bien des calmars, des chipirons, de la seiche. L'ananas peut être frais pour des parfums moins sucrés. Les germes de soja aussi bien sûr. Et le curry est fait maison, grâce aux recettes de Minouchkah. A vous d'adapter les bases de son curry à votre goût comme je l'ai fait. Vous verrez, vous vous régalerez.


Pour 4 personnes :

- 4 beaux encornets préparés par votre poissonnier,
- un gros oignon,
- une demi-boîte de lait ou de crème de coco,
- une petite boîte d'ananas (environ 150g),
- 200g de germes de soja,
- une cuillérée à soupe d'huile d'arachide,
- sel et poivre.

Pour le curry (sinon, trois cuillérées de curry de force moyenne):

- cinq ou six feuilles de curry (elles se surgèlent très bien),
- trois cuillérées à café de curcuma,
- trois à quatre gousses de cardamome,
- une cuillérée à café de cumin,
- une cuillérée à café de coriandre moulue,
- une cuillérée à café de gingembre moulu,
- un quart de cuillérée à café de poivre noir moulu.


Dans une grande poêle, mettez l'oignon émincé à frire dans la moitié de l'huile, avec l'ananas coupé en tous petits éventails et les germes de soja, à feu vif. Dans une autre partie de la poêle, mettez les feuilles de curry, puis au bout de quelques minutes les épices moulues, la cardamome pilée au mortier, dans le reste de l'huile. La chaleur permet de mélanger les saveurs et de les renforcer.

Ajouter ensuite le lait de coco, mélangez bien le tout dans la poêle, et ajoutez tout de suite les encornets coupés en morceaux. Couvrez et laissez mijoter une vingtaine de minutes à feu doux à moyen. N'hésitez pas à allonger d'eau pendant la cuisson, la sauce réduit beaucoup sinon et c'est dommage. Il faut en avoir pour arroser le riz !

samedi 6 septembre 2008

Colas m'a tuer (et j'en ai raté ma tarte thon maïs, dis)




Vous avez vu le carnage ? Je sais désormais que contrairement à ce que je pensais, je ne suis pas capable de cuisiner en pilotage automatique. Je croyais que ça me ferait du bien, mais non, ce soir-là j'aurais mieux fait de nous faire livrer des sushis, je suis incapable de cuisiner quand j'ai la tête et le coeur à l'envers...

Et puis moi quand je rate quelque chose, ce n'est pas à moitié. J'ai d'abord commencé par oublier de mettre de l'huile dans le fond de tarte. Enfin je m'en suis rendu compte en pétrissant, j'ai donc pu rattraper le coup. A ma grande surprise, j'ai pu l'étaler sans problème. Tout à mon soulagement, j'ai oublié d'étaler au fond de mon moule du papier cuisson... Puis j'ai oublié de saler la garniture. Et surtout, j'ai fait trop de "miguenne", de sorte qu'elle a débordé pendant que je transportais le plat jusqu'au four, et qu'elle a coulé dedans... Evidemment l'appareil n'aurait pas continué à filtrer et brûler dans le four si j'avais utilisé du papier cuisson, ou laissé la lèche-frite par précaution sous la grille... Au total donc, cette tarte salée qui a collé au fond du moule, et qui a perdu une bonne partie de son appareil...

Mais que cela ne vous dissuade pas de tester cette tarte thon-maïs, elle est très bonne et ne nécessite que des ingrédients du placard ! Si vous voulez savoir pourquoi je me morfonds, c'est sous la recette...

Pour 6 à 8 personnes :

- un fond de tarte, maison de préférence,
- une boîte de maïs de taille moyenne (environ 200g),
- une boîte de thon au naturel de taille moyenne (environ 200g),
- trois oeufs,
- trois cuillérées à soupe de crème fraîche,
- 250 ml de lait,
- une pincée de muscade moulue,
- une pincée de piment d'Espelette,
- un tour de moulin de poivre noir,
- du sel.

Préparez votre pâte à tarte. Pour moi, 300g de farines mélangées (T65 et riz), du sel, du piment d'Espelette, trois cuillérées à soupe d'huile, de l'eau pour mouiller, un bon malaxage, et une demi-heure de repos.

Préchauffez le four thermostat 150°C.

Etalez le fond dans un moule, sur du papier cuisson de préférence, et piquez-le. Rincez à l'eau tiède le maïs (ça enlève le goût de boîte). Egouttez le thon. Parsemez le fond de maïs et de morceaux de thon.

Dans un cul de poule, battez les oeufs. Ajoutez la crème, le lait, l'assaisonnement à votre goût. L'appareil doit être bien relevé. Versez-le sur le fond garni, et enfournez pour 45 minutes environ. Bon appétit !


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Le jour où j'ai raté ma tarte, j'ai appris que le président de la Blicpurée lui-même avait décidé que les militaires en partance de Metz seraient "remplacés" par un pôle statistique. Tous les statisticiens (dont votre servante) ont donc reçu un message du directeur de l'Insee leur annonçant la nouvelle. Nous saurons fin novembre quels services sont concernés par la délocalisation, mais comme il faut y envoyer 1 000 statisticiens, la direction générale de l'Insee, les directions régionales, les services ministériels, les centres informatiques, tous peuvent être envoyés là-bas. Et comme le gouvernement planche sur une loi qui va permettre de liciencier les fonctionnaires qui refusent trois postes proposés dans le cadre d'une restructuration...

Ne vous vexez pas les Bretzels, nous n'avons rien contre Metz. C'est juste que nous avons des conjoints qui travaillent à Paris où il y a, comment dire, beaucoup plus d'emplois et de sièges sociaux, que nous avons contracté des emprunts immobiliers, construit nos vies...

C'est juste aussi que cette décision n'est prise que pour satisfaire des élus en furie, sans la moindre concertation, la moindre étude d'opportunité. Ce déménagement annoncé d'ici deux à trois ans va coûter extrêmement cher à la collectivité, dans l'immédiat et dans la durée : construction de bâtiments (enfin, on peut espérer qu'on ne mettra pas le pôle dans une caserne sans aménagement...), indemnités exceptionnelles de mobilité, et surtout, désorganisation durable des travaux (départs anticipés de ceux qui ont atteint 60 ans - beaucoup chez nous prolongent jusqu'à 65 -, tarissement des recrutements, démissions ou départs en disponibilité). Dans n'importe quelle organisation, on fait une analyse coûts / bénéfices avant de prendre une décision aussi importante. Ici, non.

Sans compter que tous nous le vivons comme une sanction pour avoir exercé notre métier en toute indépendance, selon le code de déontologie qui nous régit. Pour plus d'explications sur pourquoi depuis son passage à Bercy le Président en veut à l'Insee, je vous répondrai par e-mail.
Donc voilà, si vous connaissez des structures qui cherchent une cadre statisticienne économiste expérimentée, polyvalente, dotée de grandes capacités d'adaptation, motivée, dynamique, exigeante, déterminée, multilingue, avec de réelles compétences en communication orale comme écrite, charismatique (n'ayons pas peur des mots), pensez à moi !!!! J'étudie toutes les propositions.

mardi 2 septembre 2008

Les pâtes de retour de vacances, aux légumes d'été rôtis (bis repetita placent)



Oui, je sais, ce printemps, au retour de vacances épatantes dans l'hémisphère ouest, comme disent les Américains, j'ai déjà donné une recette de pâtes retour de vacances. Oui, mais là j'avais vidé mes fonds de placard, alors que cette fois-ci, j'ai vidé mon fonds de frigo. Oui, comme il produit des icebergs, au moins cette débauche d'électricité a permis de conserver quinze jours (je suis épatée) poivrons, aubergines, courgettes. Tomates un peu moins, car elles étaient déjà mûres.

Bref, nous avons pu nous consoler avec ces légumes d'été rôtis, de l'automne déjà bien entamé à Paris. Les élèves et enseignants qui revenaient en cours devaient être contents, froid et pluie, un vrai temps de rentrée, bouerk !!!

Pour 4 personnes :

- 600g de pâtes sèches (type tube, façon penne ou conchiglie, ou ces strozzapretis),
- deux à trois courgettes,
- deux aubergines moyennes,
- trois poivrons de toutes les couleurs,
- trois gousses d'ail,
- deux à trois belles tomates,
- un bouquet de basilic frais,
- huile d'olive,
- sel et poivre,
- une boule de mozzarella ou quelques cuillérées de ricotta (facultatif).


Préchauffez votre four thermostat 230°C.

Lavez et coupez en gros dés les légumes et l'ail. Etalez-les sur une plaque, arrosez d'huile d'olive, mélangez bien. Mettez la plaque dans le four chaud et laissez les légumes rôtir pendant trente minutes. Faites cuire pendant ce temps vos pâtes.

Si vous en avez envie, vous pouvez ajouter aux pâtes chaudes de la ricotta ou mieux encore de la mozzarella. Ajoutez également les légumes et mélangez bien. Salez et poivrez à votre goût.

Cette recette est divine, mais elle ne se réchauffe pas du tout, si vous utilisez de la mozzarella. A bon entendeur...